SOS inscription : malgré les engagements du gouvernement, des milliers de bacheliers sont encore à la porte des universités

En juillet dernier, l’UNEF avait tiré la sonnette d’alarme face aux difficultés des bacheliers pour s’inscrire dans la filière de leur choix à l’université. L’augmentation du nombre de demandes d’inscription des bacheliers d’un côté (+6,5% par rapport à 2014) et la baisse du budget des établissements d’enseignement supérieur de l’autre (100 millions d’euros prélevés sur leurs fond de roulement en 2015) provoquent un embouteillage en première année.

A côté de cette interpellation, l’UNEF a mis en place un dispositif de soutien aux bacheliers à travers une ligne téléphonique (0 812 341 641, non surtaxée) et une adresse mail (SOSinscription@unef.fr). Ce travail de recensement, qui par définition ne peut que sous-estimer le nombre de bacheliers en difficulté, permet de faire un suivi du problème.

Arrivé au mois de septembre, force est de constater que les engagements de Thierry Mandons ne sont toujours pas tenus et que des milliers de bacheliers ne peuvent toujours pas faire d’étude supérieures.

APB ne permet pas de régler les problèmes d’inscription

La procédure complémentaire d’APB est la procédure classique pour les bacheliers qui n’ont pas obtenu d’inscription au mois de juillet. Cette année, les capacités d’accueil étant souvent dépassées, la procédure complémentaire n’a pas été ouverte dans la plupart des filières en tension (Droit, Economie, Sociologie, Psychologie, STAPS…) Il est donc illusoire de proposer aux bacheliers d’utiliser la procédure complémentaire alors qu’elle ne leur propose pas d’inscription !

Le calendrier indiqué par le ministère n’est pas non plus satisfaisant. Il est proposé aux bacheliers d’attendre le 15 septembre (soit une ou deux semaines après la rentrée dans la plupart des filières !) le résultat définitif de la procédure complémentaire avant que les rectorats n’entament un examen au cas par cas. Repousser les inscriptions à fin septembre est une stratégie inacceptable pour pousser les bacheliers les plus précaires et les moins bien accompagnés à renoncer aux études !

Tous les bacheliers doivent être inscrits dans la filière universitaire de leur choix

Les exemples de bacheliers en difficulté ne manquent pas : des vœux pour une première année de Droit en région parisienne qui ont tous été refusé ; un bachelier qui a demandé à s’inscrire en Economie dans deux universités de son académie en Seine-Saint-Denis mais qui n’a été accepté qu’à Melun à plus de deux heures de son domicile ; un étudiant qui se réoriente après une première année d’étude de santé mais qui se voit refuser tous ses vœux dans les filières de Sciences ; un bachelier qui a fait 6 vœux en Gestion et qui n’a obtenu qu’une inscription par défaut en Lettres Modernes…

L’UNEF demande au Ministère de prendre ses responsabilités en mobilisant les rectorats pour inscrire tous ces bacheliers dans la filière universitaire de leur choix afin de respecter leur projet d’étude et assurer leur réussite.

Pour que ces tensions ne se reproduisent pas à chaque rentrée, la question du budget des universités pour l’année 2016 est incontournable. La progression du nombre d’étudiant de 50 000 chaque année nécessite la création d’au moins 3000 postes d’enseignant-chercheurs et un budget supplémentaire de 200 millions d’euros. Alors que l’autonomie a poussé les universités à sacrifier les formations en premier cycle, comme l’a montré le dernier rapport de la Cour des comptes, il est également indispensable que ces moyens soient fléchés vers les premières années pour augmenter les capacités d’accueil.

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