La publication des attendus, ou le modus operandi pour sélectionner les étudiant.e.s à l’entrée de de l’Université !

Le 12 décembre, le Ministère de l’Enseignement supérieur, en plein débat parlementaire autour du Plan Etudiants, a publié les « éléments de cadrage national des attendus pour les mentions de licence ». L’application de ces attendus va renforcer le parcours du combattant des bachelier-e-s, en particulier celles et ceux d’origine sociale modeste, d’accès à l’Enseignement supérieur. Ces attendus sont la démonstration que le Plan Etudiants instaure une sélection à l’entrée de l’université, ne laissant ainsi pas les jeunes décider de leur avenir.

 

Les établissements vont pouvoir librement définir leurs critères de sélection

Loin de répondre à l’objectif annoncé de définir des règles communes nationalement de cadrage des attendus, le document qui nous est présenté laisse carte blanche aux établissements pour définir leurs critères de sélection. En effet, ce cadrage ne donne que de larges principes aux établissements universitaires. Chacun sera libre d’appréhender les qualités d’expression écrite, les compétences scientifiques ou encore la motivation des jeunes. Ainsi des bachelier∙e∙s qui candidateront dans des mentions de droit, par exemple, ne se verront pas imposer les mêmes critères selon l’université où ils postulent. Dès la rentrée prochaine, ce sont donc des milliers de bachelier∙e∙s qui vont être victimes de la mise en place de critères inégalitaires de sélection sur le territoire qui par conséquent vont renforcer la compétition entre les établissements.

 

La mise en place des attendus va favoriser la sélection sociale à l’entrée de l’université

Contrairement à ce que dit la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le baccalauréat ne sera plus le passeport pour rentrer à l’université. Avec plus de 75% des mentions qui demandent l’obtention d’un niveau B en langue étrangère comme « attendus », des diplômes tels que le TOEFL ou l’IELTS seront très clairement valorisés. Pourtant ces examens reviennent à des centaines d’euros pour les bachelier∙e∙s. En STAPS, l’une des filières avec la tension la plus importante sur le territoire, le fait d’avoir pu exercer au préalable les fonctions « d’animation, d’encadrement, de responsabilités collectives, associatives ou citoyennes » rattaché, notamment, à l’obtention du BAFA (estimé en moyenne à 1000 euros) « constitue un atout ».

Ce sont donc des milliers de bachelier∙e∙s qui vont être à travers la mise en place d’attendus poussé.e.s à valoriser leur dossier par l’obtention de diplômes privés sous peine d’être refusé.e.s dans la filière de leur choix faute de places. Ainsi, tou.te.s les bachelier-e-s d’origine sociale modeste qui voient leur chance d’accéder aux études de leur choix remise en cause. En effet, il est nécessaire de rappeler qu’une fois les capacités d’accueil atteintes, les universités pourront refuser des bachelier-e-s, ce sont ainsi celles et ceux avec le meilleur dossier qui seront prioritaires.

 

Les bachelier∙e∙s professionnel.le.s et technologiques voient les portes de l’université se fermer devant leurs yeux

Avec la mise en place des attendus, le Gouvernement fait le choix d’écarter les bachelier∙e∙s professionnel.le.s et technologiques de l’université. En effet, le cadrage des attendus se base principalement sur les compétences supposées obtenues par des bachelier.e.s généraux.ales. Aucune compétence spécifique au baccalauréat professionnel et technologique n’est valorisé, au contraire. A en croire les attendus il faudrait que tou.te.s les bachelier.e.s soient autonomes dans leur travail et préparé.e.s à des études très académiques pour pouvoir réussir à l’université.

Arrêtons de prendre le problème à l’envers ! Alors que le taux d’échec en licence est de 60%, cela concerne près d’un bachelier.e général.e sur deux, ce sont encore une fois les bachelier.e.s professionnel.le.s et technologiques qui sont pointé.e.s du doigt. Au lieu de chercher des boucs émissaires, il est plus que jamais nécessaire de se poser la question des réelles causes d’échec à l’université plutôt que de continuer à stigmatiser certains bachelier.e.s. Les causes d’échec ne sont pas les bachelier∙e∙s. Ce sont les méthodes d’enseignement et le manque d’accompagnement qu’il faut faire évoluer et pas les étudiant.e.s.

 

 Loin de répondre aux besoins des jeunes, il est temps de s’opposer à ce projet de loi

Alors que près d’un∙e étudiant∙e sur deux échoue en première année et que le nombre de jeunes amené.e.s à rejoindre nos universités est en augmentation, cette réforme ne fait qu’acter les difficultés de nos établissements universitaires et instaurer une sélection sociale à l’entrée de nos universités. A l’heure où le projet de loi est débattu à l’Assemblée Nationale, l’UNEF rappelle la nécessité d’augmenter les capacités d’accueil de nos universités, sa forte opposition à cette réforme et invite l’ensemble des parlementaires à s’exprimer contre ce projet de loi.

 

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